"Stardust,
Dans les chambres de l’hôtel Canopy, Stardust séjourne plus qu’elle ne s’expose. L’installation réunit six fragments de marbre et de céramique peints à l’huile, éclats polis puis détournés qui agissent comme des bétyles contemporains, pierres-reliques tombées du ciel, vraies/fausses météorites portées de récits et de traces. Dans la logique d’Horizon, où la ligne n’est pas une limite mais un élan, chaque fragment condense un passage : entre l’intime de la chambre et l’ouverture cosmique, entre le poids de la matière et la légèreté du regard.
Ces surfaces, veinées, accidentées, laissent affleurer des lignes d’horizon miniatures. Elles proposent un point de fuite portatif, une « fenêtre » qui se déplace avec nous. On y perçoit à la fois l’infiniment petit, nos individualités, nos cellules, ce qui nous compose, et l’infiniment grand de l’espace-temps. La chambre devient un observatoire silencieux : lumière, reflets et circulation du corps tirent la peinture vers le dehors, tandis que la pierre l’ancre ici.
Stardust met en tension limite et ouverture : borner pour mieux projeter, poser une pierre pour mieux rêver. Les fragments ne racontent pas le ciel ; ils en retiennent la poussière, la mémoire et l’élan. À hauteur de main et d’horizon, ils invitent le visiteur à éprouver une poésie cosmique où l’art, la matière et le voyage se rencontrent. Nous sommes - et demeurons - des poussières d’étoiles."
Karine Hoffman est une artiste franco-polonaise diplômée des Beaux-Arts de Paris et ancienne résidente de la Villa Velázquez de 2002 à 2004. Inspirée par les peintres allemands du XXe siècle, sa démarche artistique fait subtilement écho à la littérature de l'Est et au cinéma fantastique. Son travail, nourri par les traces de la mémoire fantôme, s'élabore à partir de références à des lieux oubliés tels que Łódź ou Vilnius. La peinture de Karine Hoffman nous plonge dans l'oubli, dans des lieux étrangers et oniriques. Admiratrice de Goya, elle puise dans l'histoire oubliée des pays de l'Est et insuffle une sensibilité singulière à travers l'usage de couleurs jaune et noire, ainsi que l'application de mélanges de brun et de bleu. L'artiste s'affranchit de l'opposition picturale entre le moderne et le classique pour envisager l'émergence d'une mémoire collective du passé.
Ses œuvres figurent dans des collections publiques telles que celles de la Fondation Salomon, de l'Ambassade de France à Madrid ou encore du fonds de la Casa de Velázquez, où elle a résidé durant deux ans. Elle expose dans des institutions publiques, notamment au Centre-Musée d'Irkoutsk à Moscou pour l'exposition New Romantics, ou au Musée d'art du Sichuan en Chine dans le cadre de 100 peintres, 100 peintures. En 2023, elle est exposée au MO.CO à Montpellier à l'occasion de l'exposition Immortelle, qui rassemble des artistes emblématiques de la scène figurative française nés dans les années 1970 et 1980. Plus récemment, en 2024, son travail est présenté au Musée d'art contemporain d'Arabie Saoudite à Riyad dans le cadre de l'exposition In the Night. La même année, elle participe également à l'exposition Peinture contemporaine française au Musée de la ville de Belgrade, en Serbie.
Site web : https://www.karinehoffman.com/