Nouvelle Vague – Horizon

Portée par la collectionneuse Nathalie Esnée et le Fonds de dotation Nouvelle Vague, cette seconde édition prolonge une conviction fondatrice : faire de l'hospitalité un acte de création artistique. À l'hôtel Canopy by Hilton Cannes, douze artistes de la scène contemporaine internationale ont été invités à concevoir des œuvres in situ, créées spécifiquement pour et avec l'espace qui les accueille.

Le thème choisi pour cette édition est L'Horizon, ligne fuyante et universelle, espace de projection et de passage, territoire où l'intime s'ouvre au lointain. Celui qui, depuis les chambres imaginées par Ramy Fischler, se dessine entre mer et ciel, et que chaque artiste a su saisir, interroger, prolonger à sa manière.

L'horizon comme matière première et comme invitation au regard. Selon Céline Flécheux, notion insaisissable et universelle, elle traverse les cultures, les époques, les disciplines. Elle ancre autant qu'elle libère, ouvre autant qu'elle échappe, structure notre perception du monde tout en refusant d'être saisie. Sur la Riviera plus qu'ailleurs, elle impose sa présence : tendue entre la mer et le ciel, entre l'ici et l'ailleurs, entre ce que l'on voit et ce que l'on pressent. C'est dans ce dialogue entre horizon méditerranéen et création contemporaine que les douze artistes ont puisé, chacun y trouvant un angle singulier, une réponse personnelle, une œuvre unique.

Les artistes ont été sélectionnés par un comité composé de Hanna Baudet (directrice du Pôle d'Art Contemporain de la Ville de Cannes), Nathalie Esnée (collectionneuse, fondatrice du Fonds de dotation), François Fauchon (collectionneur), Loïc Garrier (directeur de la galerie Ceysson & Bénétière, présente à Saint-Étienne, Luxembourg, Paris, Genève, New York, Lyon, Panery et Tokyo) et Ramy Fischler (désigner, notamment du Canopy by Hilton Cannes).

L'édition en quatre regards

Réunissant des personnalités issues des mondes de l'art, du design, de la mode, de la gastronomie et de l'hôtellerie de luxe, le jury de la Biennale Nouvelle Vague 2025 reflète la richesse et l'exigence qui animent cette manifestation. Collectionneurs, directeurs de galerie, commissaires d'exposition, créateurs et journalistes, chacun apporte un regard singulier, nourri d'une expertise de terrain et d'un engagement profond pour la création contemporaine. Ensemble, ils incarnent l'esprit de Nouvelle Vague : curieux, ouvert, exigeant et résolument tourné vers l'avenir.

Nathalie Esnée

Nathalie Esnée

Entrepreneure hôtelière & Fondatrice de la Biennale Nouvelle Vague

Nathalie Esnée est une figure incontournable de l'hôtellerie de luxe sur la Côte d'Azur. Forte d'une carrière de plus de trente ans dans l'hospitalité haut de gamme, elle a dirigé plusieurs établissements emblématiques de la région, dont le Radisson Blu de Cannes et le Holiday Inn de Nice, y insufflant un mélange d'excellence opérationnelle et de sensibilité culturelle. Animée par une passion profonde pour l'art contemporain, elle franchit un nouveau cap en 2023 en fondant la Biennale Nouvelle Vague, une initiative culturelle ambitieuse conçue pour ancrer l'art contemporain au cœur du territoire azuréen. En réunissant artistes, collectionneurs, commissaires d'exposition et grand public, Nathalie Esnée œuvre à rendre la création contemporaine à la fois vivante, accessible et profondément inclusive. La Biennale incarne ses valeurs fondamentales : l'accueil, l'hospitalité et la transmission du savoir.

François Fauchon

François Fauchon

Collectionneur d'art contemporain

Médecin spécialisé en radiothérapie et oncologie, François Fauchon exerce depuis plus de trente ans à Nice, où il a bâti en parallèle l'une des collections privées d'art contemporain les plus remarquables de la Côte d'Azur. Fort de plus de mille œuvres, cet ensemble témoigne d'un regard singulier et exigeant, avec une prédilection pour des artistes tels que Ronan Barrot, Gérard Garouste, Pat Andrea ou Nazanin Pouyandeh. Sa collection, traversée par des thématiques intenses, la chair, la mort, la condition humaine, a été révélée au grand public lors de l'exposition « Collectionneur – Cambrioleur » au Suquet des Artistes à Cannes en 2021. Engagé dans la vie artistique locale, François Fauchon est vice-président des Amis du MAMAC et a créé un fonds de dotation dédié au soutien des artistes contemporains vivant en France.

Hanna Baudet

Hanna Baudet

Directrice du Pôle d'Art Moderne et Contemporain de Cannes

Historienne de l'art et commissaire d'exposition, Hanna Baudet dirige le Pôle d'Art Moderne et Contemporain de Cannes, institution qui fédère plusieurs lieux majeurs de la scène culturelle locale. Depuis plus de dix ans, elle s'impose comme l'une des personnalités les plus influentes du paysage artistique cannois, défendant une vision de l'art résolument contemporaine, ouverte et inclusive. À travers un programme d'expositions salué tant pour sa rigueur artistique que pour son accessibilité au plus grand nombre, elle place la transmission et le dialogue au cœur de son engagement. Son action contribue à faire de Cannes un territoire de référence pour la création actuelle, bien au-delà du seul rayonnement de son festival de cinéma.

Loïc Garrier

Loïc Garrier

Directeur de la Galerie Ceysson & Bénétière, Paris

Loïc Garrier dirige la galerie Ceysson & Bénétière à Paris, l'une des galeries françaises les plus actives sur la scène internationale de l'art contemporain. Spécialiste reconnu du mouvement Supports/Surfaces, il orchestre en 2025 plusieurs expositions internationales d'envergure consacrées à ce courant majeur de l'art français, notamment Sifor Surpas au musée Indang de Daegu (Corée du Sud) et l'exposition inaugurale de la galerie Ceysson & Bénétière à Tokyo. Partenaire de la Fondation CAB, il s'attache à tisser des liens durables entre la scène artistique française et les grands réseaux internationaux, tout en soutenant activement les artistes émergents. Son travail contribue à inscrire l'héritage de la peinture française dans un dialogue vivant avec la création mondiale contemporaine.

Clara Le Fort

Clara Le Fort

Journaliste, auteure et Consultante en stratégies créatives

Journaliste et auteure française de renom, Clara Le Fort s'est imposée comme une voix de référence sur les thèmes du luxe, du design, de la gastronomie et du développement durable. Elle collabore régulièrement avec des publications de premier plan telles que Les Échos WE, Le Point, ELLE, ELLE Décoration et Le Figaro, explorant avec acuité les nouvelles tendances et les initiatives à fort impact positif. Au-delà de ses contributions journalistiques, elle est l'auteure de plusieurs ouvrages remarqués, dont des guides de voyage et d'art de vivre pour la maison Louis Vuitton. Consultante en stratégies créatives, Clara Le Fort accompagne marques et institutions dans la conception de récits culturels ambitieux, à la croisée du savoir-faire français et des enjeux contemporains.

Ramy Fischler

Ramy Fischler

Designer & Fondateur de RF Studio

Designer belge installé à Paris, Ramy Fischler est l'une des figures les plus singulières et les plus influentes du design contemporain. Diplômé de l'ENSCI-Les Ateliers et ancien pensionnaire de la Villa Médicis (2010), il fonde RF Studio en 2011 avec la conviction que le design est avant tout une démarche de réflexion sur le monde, ses usages, ses tensions, ses possibles. Son agence développe un éventail de projets d'une rare diversité, de la conception d'objets et d'espaces à des collaborations culturelles et gastronomiques de premier plan. Parmi ses réalisations les plus remarquées figurent l'aménagement du siège de Twitter France, le Refettorio Paris en collaboration avec l'artiste JR, ainsi que la direction artistique de Chanel pour les univers parfums, beauté, horlogerie et joaillerie. Élu Designer de l'année par Maison&Objet en 2018, il est également Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres depuis 2016, une reconnaissance à la hauteur d'un parcours qui repousse sans cesse les frontières de la discipline.

Nouvelle Vague d’art, d’hospitalité et de transmission

À Cannes, l’art contemporain trouve de nouveaux territoires d’expression là où on ne l’attend pas toujours. C’est précisément ce qui contribue à en faire la vitalité ! La Biennale d’art contemporain si bien nommée Nouvelle Vague de l’hôtel Canopy by Hilton s’inscrit pleinement dans cette dynamique singulière, où l’hospitalité devient écrin, et où le regard du visiteur est invité à se déplacer, à s’éveiller, à dialoguer avec les œuvres.

Je tiens à saluer tout particulièrement l’initiative artistique portée par Nathalie Esnée, dont la vision dépasse largement le cadre d’une exposition pour proposer une véritable expérience culturelle. En plaçant l’art au cœur même de l’architecture, des espaces de vie et du parcours du visiteur, l’hôtel Canopy by Hilton affirme une ambition rare : celle de faire dialoguer création contemporaine, excellence hôtelière et ouverture au public.

Cette Biennale résonne avec force avec l’action culturelle conduite par la Mairie de Cannes depuis plusieurs années en faveur de l’art contemporain. La réouverture du Centre d’art La Malmaison, que nous avons profondément rénové et doté de surfaces d’exposition considérablement étendues, marque une étape décisive. Elle confirme la volonté de Cannes de se positionner comme un pôle de référence, capable d’accueillir des œuvres majeures et des propositions ambitieuses, en lien avec les grandes scènes artistiques contemporaines.

Cette ambition s’exprime également à deux pas de l’hôtel Canopy by Hilton, au cœur du quartier historique du Suquet dont nous allons encore renforcer l’aura culturelle. En témoignent la rénovation engagée du musée Victor Tuby et la création à venir du musée Pigozzi, sans oublier l’agrandissement programmé de l’espace d’expositions d’art contemporain du Suquet des Artistes, que nous avons aménagé au sein de l’ancienne morgue municipale totalement transformée. Ce geste fort, à la fois symbolique et poétique, s’est d’ailleurs imposé comme la preuve réussie que les lieux peuvent changer de vocation pour devenir des espaces de création, de recherche et de dialogue, ouverts aux artistes comme aux habitants. Enfin, la diffusion et la transmission de la culture demeurent au centre de notre engagement. La démarche 100 % Éducation Artistique et Culturelle, déployée de façon pionnière à Cannes de la maternelle à l’université, traduit une conviction profonde : l’art n’est pas un privilège, mais un bien commun dont chaque partage est à encourager.

En ce sens, cette Biennale illustre parfaitement la convergence entre initiative privée et politique publique, au service d’un même objectif : faire de Cannes une ville où l’art contemporain se vit, se transmet et s’épanouit partout… Et en toute liberté.

David Lisnard
Maire de Cannes
Président de l’Agglomération Cannes Lérins
Président de l’Association des Maires de France

Deux ans déjà. Et pourtant, tout recommence.

Quand nous avons ouvert les portes du Canopy by Hilton Cannes en fin 2023, nous portions une conviction intime : que l'art pouvait habiter un hôtel, non pas le décorer, mais l'habiter, au sens plein et vivant du terme. Que des œuvres créées pour des chambres, pouvaient transformer l'acte de dormir dans un lieu en quelque chose de plus rare : une rencontre, une surprise, peut-être une émotion que l'on n'attendait pas en défaisant ses bagages.

La Lumière, thème de cette première édition, a illuminé deux années d'hospitalité d'une manière que nous n'aurions pas osé imaginer. Onze artistes ont investi cet écrin, ses volumes, sa lumière azuréenne, ses chambres pensées par Ramy Fischler, et en ont fait le territoire de leur imaginaire. Les voyageurs de passage, les Cannois curieux, les collectionneurs en quête de découverte : tous ont traversé ces espaces avec, accrochés aux murs ou posés dans la lumière, des œuvres qui ne pouvaient exister nulle part ailleurs.

Cette expérience fondatrice nous a appris quelque chose d'essentiel : placer de l'art contemporain dans un lieu d'hospitalité, c'est offrir l'art à ceux qui ne l'ont pas choisi ce jour-là. C'est l'art qui vient au visiteur, et non l'inverse. Et c'est précisément dans cet espace de non-attente que quelque chose se passe. Quelque chose de vrai.

Formaliser pour durer. Transmettre pour grandir.

Fort de ces deux années d'apprentissage et de conviction renforcée, nous avons souhaité ancrer ce projet dans une structure qui lui donne une pérennité au-delà de nous-mêmes : le Fonds de dotation Nouvelle Vague. Cette création n'est pas un geste administratif. C'est un acte de transmission, la valeur que nous voulons donner à ce que nous faisons ensemble, mère et fils, depuis que nous avons posé la première pierre de ce projet fou.

Car c'est bien de cela qu'il s'agit : d'une histoire familiale portée par une vision commune. Nathalie a fondé ce groupe il y a plus de vingt-cinq ans, l'a façonné, transmis. Nicolas en a pris les rênes avec l'exigence et la liberté que donne la confiance. Et c'est ensemble, dans cet équilibre précis entre l'héritage et l'avenir, que nous avons voulu que la Biennale en Chambre devienne quelque chose de plus grand que nous. Un outil au service des artistes. Un pont durable entre le monde économique et le monde culturel. Une plateforme éthique, où 80 % des œuvres produites retournent aux artistes, où 10 % alimentent une vente caritative au profit d'associations soutenant la création, Première Vague, menée avec La Source Garouste cette année, et où les 10 % restants assurent la pérennité du Fonds lui-même.

Transmettre, c'est aussi permettre. Et c'est ce que le Fonds de dotation rend possible : donner à chaque artiste les moyens réels de créer, honoraires, production intégrale, deux ans d'exposition devant 62 000 visiteurs par an. Non pas exposer, mais produire. Non pas accumuler, mais partager.

L'Horizon. Le thème qui nous était destiné.

Pour cette deuxième édition, le jury, réunissant Hanna Baudet (Pôle d'Art Contemporain de la Ville de Cannes), Clara Lefort (Journaliste) Nathalie Esnée, François Fauchon (collectionneur), Loïc Garrier (directeur de la galerie Ceysson & Benetière) et Ramy Fischler, a retenu douze artistes autour du thème de l'Horizon.

Nous n'aurions pas pu rêver mot plus juste. L'horizon est ce que l'on contemple depuis les chambres du Canopy, cette ligne de Méditerranée qui sépare, ou plutôt qui réunit, le bleu du ciel et le bleu de la mer. Mais l'horizon est aussi ce que nous regardons depuis le début de cette aventure : un point que l'on n'atteint jamais tout à fait, mais qui oriente chaque pas. Il est la métaphore parfaite de ce que nous voulons que soit la Biennale en Chambre : un espace de projection, d'ouverture, de désir.

Adrien Belgrand, Baptiste Rabichon, Capucine Vever, Karine Hoffman, Léa Belooussovitch, Nadia Guerroui, Nina Childress, Tania Mouraud, Thomas Lesigne, Tursic & Mille, Vincent Voillat, Ymane Chabi-Gara : douze visions, douze langages artistiques, une seule ligne de force. La peinture, la photographie, la sculpture, l'installation : chaque médium explore à sa façon cette frontière entre le dedans et le dehors, entre la chambre intime et l'appel du large.

Le regard du collectionneur.

Cette édition marque également l'entrée d'une dimension nouvelle que nous tenons particulièrement à honorer : le programme collectionneur, incarné cette année par la Collection François Fauchon, qui a accepté de confier des œuvres de sa collection personnelle à nos espaces communs.

Il y a quelque chose de profondément généreux dans ce geste. Des œuvres qui vivaient jusqu'alors dans la réserve d'une collection, ces lieux d'amour et d'obscurité où l'art attend, les voilà qui sortent, respirent, se laissent traverser par des regards nouveaux, imprévus, libres. C'est une forme rare de confiance que nous voulons honorer publiquement : merci à François Fauchon pour ce don du visible.

Ce programme dit quelque chose d'important sur ce que nous voulons être : un lieu de circulation de l'art, pas d'accumulation. Un lieu où les œuvres voyagent, rencontrent, parlent à des publics qui ne se seraient peut-être jamais retrouvés dans une galerie ou un musée, mais qui, le temps d'un séjour, se laissent surprendre.

Cannes, ville de toutes les projections.

On parle souvent de Cannes comme d'une ville de cinéma. Nous aimons penser que c'est, plus largement, une ville de projections, au sens cinématographique, bien sûr, mais aussi au sens le plus poétique du terme : une ville où l'on se projette, où l'on rêve, où l'on imagine.

L'art contemporain n'a pas toujours trouvé sa place naturelle ici, dans cette cité du glamour et du festival. Et c'est précisément pour cela que nous y croyons. Parce que l'art qui surgit là où on ne l'attend pas est l'art qui touche le plus. Parce qu'un voyageur qui pousse la porte de sa chambre et tombe nez à nez avec une œuvre de Nina Childress ou une installation de Karine Hoffman ne vivra pas son séjour tout à fait comme avant.

C'est ce que nous voulons continuer à construire ici, au Canopy, dans cet écrin imaginé comme un hommage vivant à la Riviera, ses bois clairs, sa lumière marine, ses courbes douces. Un hôtel qui n'est pas un musée, mais qui porte en lui quelque chose de muséal : le soin, l'attention, la conviction que chaque détail compte, que chaque regard mérite d'être nourri.

Bienvenue dans la deuxième vague!

Nathalie Esnée, collectionneuse et fondatrice du Fonds de dotation Nouvelle Vague
Nicolas Esclapez, PDG Groupe Nouvelle Vague Hospitality
Propriétaires, Canopy by Hilton Cannes

Connaître les hôtels. Vraiment. Pas comme un client qui apprécie le service, mais comme quelqu'un qui sait ce qui se passe derrière la porte du couloir, derrière le sourire de la réception, derrière la logique implacable d'un établissement qui doit tourner. C'est précisément cette connaissance-là, intime et professionnelle, qui fait de la Biennale en Chambre autre chose qu'une bonne idée. Un projet réel. Exigeant. Parfois inconfortable. Toujours nécessaire.

Faire entrer l'art contemporain dans un hôtel, tout le monde dit que c'est formidable. Peu savent ce que ça coûte vraiment, pas en argent, en conviction. Il faut tenir une ligne artistique là où les impératifs opérationnels ont raison d'exister, convaincre là où le réflexe d'ornement est plus fort que celui du risque, et trouver des artistes capables de créer non pour un white cube silencieux, mais pour une chambre que quelqu'un occupera cette nuit, avec ses bagages, ses humeurs, et ce qu'il ne dira à personne.

Ce n'est pas un projet de décoration. C'est une prise de position.

Pour cette deuxième édition, le thème s'est imposé avec cette évidence légèrement troublante des bonnes idées : l'horizon. Une ligne fuyante, une invitation au dépassement, un mot que tout le monde croit connaître et que personne ne regarde vraiment. Céline Flécheux l'a formulé mieux que quiconque : l'horizon n'est pas une limite, c'est un élan. La Biennale en Chambre en a fait son programme.

L'horizon est à la fois une limite et un point de départ, un symbole de la fragilité du monde et de l'urgence de le regarder autrement. Il peut devenir l'espace où se croisent mémoire et reconquête, réalité et imaginaire, tangible et conceptuel. Dans l'art contemporain, il s'impose comme un champ de possibilités où les cadres établis se déconstruisent et se réinventent, une ligne en mouvement qui stimule l'imaginaire et invite à dépasser le visible pour se projeter vers l'inconnu. Certains diront que c'est beaucoup pour une chambre d'hôtel. Ce sont exactement ceux-là qu'on cherche à surprendre.

Le jury a compris l'horizon comme un point de départ, pas une destination. Certains artistes l'ont pris au pied de la lettre : une ligne au loin, lumineuse et persistante, qui se suit de cadre en cadre, de chambre en chambre, fil tendu entre l'intérieur et le vaste dehors. D'autres l'ont retourné, traité comme un contrepoint, une absence, un manque, l'horizon de celui qui ne peut pas voir loin, dont le regard est borné, contenu, enfermé dans le proche. Entre ces deux pôles, une infinité de langages artistiques s'est déployée, peinture, photographie, sculpture, installation, pour composer un parcours sensible où chaque espace de l'hôtel devient un territoire de projection mentale.

Ce parcours n'aurait pas existé sans la confiance accordée aux artistes, et à leurs idées parfois déraisonnables. C'est dans cet espace-là, précisément, que naissent les œuvres qui comptent. Rendre cela possible, concrètement, matériellement, dans les contraintes réelles d'un établissement ouvert, c'est le travail que l'atelier Tchikebe a accompli pour cette édition, discrètement, remarquablement.
Il y a aussi, au cœur de tout cela, une relation. Celle que j'entretiens avec Nathalie Esnée, fondée sur une confiance construite, partagée, éprouvée. Sans elle, les obstacles auraient eu raison de plus d'une décision. Avec elle, on va plus loin qu'on ne l'avait prévu.

C'est peut-être ça, au fond, l'ambition de la Biennale en Chambre : pas être spectaculaire, pas toujours, juste s'adresser à celui qui pousse la porte de sa chambre sans s'attendre à être saisi, offrir l'art à ceux qui ne l'avaient pas choisi ce jour-là. Donner quelque chose à quelqu'un qui ne l'avait pas demandé.
Et le voir, malgré tout, en être touché.

Haily Grenet
Directrice du Fonds de dotation Nouvelle Vague

Regard de collectionneurs

François Fauchon, l'art en partage.
L'horizon intime : au-delà du paysage, une ligne de vie

Présentée dans les espaces publics de l'hôtel Canopy by Hilton Cannes, cette exposition est née d'une invitation faite à François Fauchon de montrer une sélection d'œuvres issues de sa collection privée dans le cadre de la deuxième Biennale en Chambre organisée par Madame Nathalie Esnée, directrice de l'établissement et créatrice du fonds de dotation Nouvelle Vague. Ce choix n'a rien d'anodin. Il affirme d'emblée une conviction simple et forte : l'art ne se contente pas d'orner l'espace, mais invite à une réflexion profonde sur notre condition humaine. Montrer une telle collection d'art contemporain dans un hôtel n'est pas un geste décoratif ; c'est une prise de position. C'est affirmer que l'œuvre n'a pas seulement vocation à demeurer dans les lieux qui lui sont traditionnellement consacrés, mais qu'elle peut surgir sans être attendue, là où le regard n'est pas nécessairement préparé. En ce sens, le Canopy by Hilton Cannes devient bien davantage qu'un lieu d'hospitalité ou de passage, un espace de rencontre avec la création contemporaine, offert à des visiteurs que l'art peut saisir, surprendre, questionner.

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