Tania Mouraud

Oeuvre présentée :

Quand un reflet devient paysage, pour qui prend le temps de le voir.

"Borderland,
Deux œuvres originales de la série Borderland prennent place au cœur du lobby, espace de flux et d’attente. Borderland naît d’un geste d’observation : saisir des reflets sur une surface ordinaire et les laisser devenir paysages. Entre figuration et abstraction, ces images n’offrent pas un site reconnaissable ; elles font affleurer l’idée d’un horizon à travers gradients, plis, zones d’ombre et éclats de lumière. En passant, on croit discerner un ciel, une berge, une lisière ; puis tout redevient pure surface. Le regard compose et décompose sans cesse, au rythme de la lumière et des déplacements. En écho à Nouvelle Vague - Horizon, ces pièces rejouent la tension constitutive de l’exposition : borner pour mieux ouvrir. Elles transforment la frontière en lieu d’hospitalité, un borderland où le proche et le lointain coexistent. Dans l’espace commun de l’hôtel, elles agissent comme des seuils : elles accueillent, ralentissent, invitent à lever les yeux. Le lobby devient alors un observatoire discret, où l’intime de la traversée quotidienne rencontre l’ampleur d’un paysage mental. Borderland ne documente pas le monde ; elle en propose une expérience. Elle métamorphose une matière banale en promesse d’horizon et rappelle qu’ici, l’art ne s’expose pas seulement : il séjourne parmi nous, au plus près des mouvements du lieu. Artiste engagée depuis près de 30 ans, Tania Mouraud explore la puissance des mots et la plasticité du langage. Ses séries d’écritures, comme les « Words » de 1989, réinventent la relation entre texte et espace, proposant des œuvres où le spectateur est invité à décoder et contempler."

Initié il y a près de 30 ans Tania Mouraud travaille autour des écritures et de la plasticité du langage. A la fin des années 1980, alors qu'elle tire les photos documentant les « NI » de City Performance n°1 , Tania Mouraud réalise la persistance de la puissance des mots jusque dans l'inversion des valeurs positif – négatif. Elle renoue alors avec la peinture, mise à l'écart depuis l'autodafé de 1968 et réalise en 1989 les « Words ». Déployées directement sur le mur et en utilisant toute sa surface ou via des toiles sur châssis peintes en noir, les lettres sont désormais blanches et constituées par le mur lui-même, obligeant le regardeur à intervertir le processus habituel de décodage des mots. Les « Words » inaugurent une longue série d'écritures que l'artiste continue d'explorer depuis lors.

Site web : https://www.taniamouraud.com/
Galerie : Ceysson & Benetière