Léa Bellousovitch

Acapulco, Mexique, 25 septembre 2024

Après l’incendie, une étreinte subsiste, fragile et profondément humaine.

"Fire Embrace,
Fire Embrace est une série de dessins réalisés aux crayons de couleur sur du feutre de laine. Ils prennent comme base de travail des images de photo-reporters qui ont été prises lors de méga feux aux Etats-Unis, et mettant en scène des couples s’embrassant, se réconfortant ou pleurant dans les bras l’un de l’autre, entourés de flammes ou de résidus carbonisés. Des amoureux, des familles, des fratries, parfois des inconnus, s’enlacent après le drame, après la dévastation complète de leurs habitations et de leurs biens. Ces personnes sont dans une situation plus que vulnérable et portent en elles l’espoir d’une reconstruction future. La force inébranlable qui s’abat lors d’un événement climatique de cette ampleur est inévitable, c’est l’impuissance qui domine. Par le traitement du flou, les sujets vulnérables sont mis à juste distance, à distance éthique : ils demeurent respectés dans leur étreinte, intime, loin de l’immédiateté photographique et documentaire. Par le trouble, c’est l’imagination qui opère et un nouvel espoir qui apparaît : l’incertitude des formes permet de se projeter vers un inconnu, et donne un élan à une projection nouvelle dans une image. Dans le contexte de la chambre d’hôtel, qui est un lieu d’intimité, il paraît pertinent de présenter des couples s’étreignant, sans pour autant que nous puissions les voir explicitement. Le moment intime à la fois du traumatisme et de l’interaction physique bascule en arrière plan très lointain de l’image, à l’horizon du début de l’imagination. C’est aussi une invitation à réfléchir sur la façon dont nous percevons les images, qu’elles soient violentes ou intimes, elles ne nous laissent jamais indifférents et attisent notre curiosité, parfois notre voyeurisme. Le flou comme processus offre par définition un horizon des possibles : il ouvre à l’imagination et à la mémoire, à la reconnaissance de formes, de premiers plans, d’arrières-plans, c’est une porte d’entrée vers une nouvelle façon de voir.">

Léa Belooussovitch est née en 1989 à Paris, France. Elle vit et travaille actuellement à Bruxelles, en Belgique. Elle a étudié à Paris, notamment à l'École Supérieure Estienne et aux Ateliers de Sèvres, avant d'obtenir son diplôme de l'École Nationale Supérieure des Arts Visuels de La Cambre (Belgique) en 2014. Ses expositions personnelles incluent Lisières, présentée au Cellier – Centre d'art contemporain de Reims, France (2024), Feelings on Felt, au Musée d'Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne, France (2023), Perp Walk, au Botanique à Bruxelles, Belgique (2019), et Purple Blanket, au Centre d'art contemporain Image/Imatge à Orthez, France (2019).

Les œuvres de Léa Belooussovitch ont également été exposées dans de nombreuses institutions à l'international, notamment au Musée d'Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne (France), au Pera Museum à Istanbul (Turquie), dans la Belfius Collection à Bruxelles (Belgique), au FRAC Auvergne à Clermont-Ferrand (France), à la Fondation Thalie à Bruxelles (Belgique), aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, aux Tanneries – Centre d'art contemporain à Amilly (France), et à Bandjoun Station à Bandjoun (Cameroun), entre autres.

Ses œuvres font partie de collections publiques et privées, telles que le MAMC+ (Saint-Étienne, France), le Musée des Beaux-Arts de Bruxelles (Belgique), la Banque nationale de Belgique, le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Fondation Thalie (Belgique), le FRAC Auvergne (France), la Belfius Collection (Belgique) et la collection Amer Kobaslija (Turquie).

Site web : https://www.leabelooussovitch.com/
Galerie : Messen de Clerq

Acapulco, Mexique, 25 septembre 2024. Dessin au crayon de couleur sur feutre de laine 50x60cm 2025